Le viticulteur bio, le pesticide et les abeilles…

Peut-être avez-vous lu son histoire dans la presse ou sur votre écran. En Bourgogne, le viticulteur bio Emmanuel Giboulot est aujourd’hui menacé de condamnation en justice pour ne pas avoir utilisé de pesticide contre la cicadelle (parasite de la vigne), en dépit des mesures préfectorales qui voulaient imposer ce pesticide. Il risque 6 mois de prison et jusqu’à 30.000 euros d’amende.

En tant qu’apiculteur, je ne peux qu’exprimer mon soutien à ce viticulteur ainsi qu’à tous les viticulteurs et agriculteurs biologiques qui refusent l’emploi de produits chimiques pour lutter contre les parasites. Ces produits sont reconnus comme toxiques pour la faune comme pour l’être humain, et pour leurs utilisateurs au premier chef.
Je trouve choquant qu’un préfet envoie devant la justice un viticulteur dont le seul tort est de vouloir préserver l’environnement. Il devrait au contraire être montré en exemple.

Troisième consommatrice mondiale de substances chimiques, l’agriculture française doit aujourd’hui trouver des pistes pour réduire son addiction.
Parmi ces pistes : l’agro-écologie, et surtout les efforts de chacun, agriculteurs et non agriculteurs. Grâce à une proposition de loi sénatoriale du groupe écologiste, les pesticides seront interdits en milieu non-agricole à partir de 2020 (s’il est encore temps…)
Un rappel de bon sens : pour lutter contre les parasites, le mieux c’est de préserver la biodiversité. Le respect des équilibres naturels est en effet le moyen le plus fiable de limiter la progression des insectes tels que la cicadelle. Même l’insecticide le moins polluant contre la cicadelle menace les abeilles et la faune auxiliaire, dont toutes sortes d’insectes nécessaires à la régulation de la vigne pour éviter… les parasites.

Michel Meunier

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