Essaimages

Après les mois d’hiver, le travail a repris activement aux ruchers et à la Maison des Abeilles.

L’actualité de l’apiculteur en ce mois d’avril 2020, ensoleillé et chaud, ce sont les premiers essaimages. Pour tout savoir sur ce mécanisme fascinant : voir « j’ai trouvé un essaim d’abeilles », et regarder une courte vidéo ICI. Si vous observez un essaim d’abeilles posé non loin de chez vous, n’hésitez pas à m’appeler ou à appeler un autre apiculteur du voisinage. Nous serons heureux de venir recueillir ces chères abeilles en balade.

Savourez le printemps !

Michel Meunier,
le 20 avril 2020

Miel et confinement

« On dit que la récolte de miel sera très bonne cette année, est-ce exact ? » … Vous êtes nombreux à m’interroger sur ce sujet. Nombreux aussi à me faire suivre des liens vers des reportages qui établissent un lien de cause à effet entre le grand confinement et la qualité comme la quantité du miel attendu en 2020.

Je répondrais qu‘il ne faut surtout pas tomber dans la naïveté. De même qu’il est absurde de penser que « la nature a repris ses droits » parce qu’on a vu un sanglier se balader sur la promenade des Anglais, ou de clamer que la biodiversité est sauvée après deux malheureux mois où on l’a laissée en paix après des décennies où on l’a torturée. Non, les dégâts ne se réparent pas si vite et il faut regarder derrière les apparences.

Alors, l’année 2020 sera-t-elle une bonne année apicole ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais oui, ça démarre plutôt bien. Et c’est normal, il y a toujours eu des années meilleures que d’autres : le mois d’avril chaud et ensoleillé que nous avons vécu a évidemment été positif pour les abeilles.
Un autre élément favorable aux abeilles doit être rappelé : à l’automne dernier, il a été semé moins de colza, parce que la baisse du prix du pétrole rend les biocarburants moins intéressants. Et qui dit moins de colza dit moins de traitements, donc moins d’empoisonnement d’abeilles au début du printemps. Mais cela n’a évidemment rien à voir avec le confinement.

Le rapport entre une bonne récolte de miel et le confinement reste donc à prouver. Il ne se confirmerait que si en effet on pouvait démontrer que certains agriculteurs, au nom du confinement, ont moins traité et ont fauché plus tard. Cela ne semble pas être le cas en Sarthe, hélas, d’après les informations (parcellaires) dont nous disposons. L’agriculture faisait partie des métiers ouvrant droit à dérogation pour sortir de chez soi et se déplacer au-delà du rayon d’un km. La plupart des exploitants agricoles ont poursuivi leurs activités comme à l’accoutumée, peut-être même avec moins de scrupules pour traiter des parcelles ou éradiquer des haies puisqu’il n’y avait pas de témoins.

Quant à l’hypothèse que le calme, le ralentissement de l’activité humaine… seraient favorables aux abeilles, ça paraît une idée préconçue, voire farfelue. Les abeilles font leur actif business sans s’occuper de nous, elles nous frôlent, vont, viennent, sans être beaucoup perturbées par la présence humaine. La preuve : depuis des années les récoltes sont bien meilleures en ville, chacun le sait, et pourtant la densité humaine, l’agitation, le bruit, la circulation, la pollution de l’air… tout ça c’est beaucoup plus urbain que rural, non ?
Mais les abeilles s’en fichent ! Ce qui importe c’est qu’on ne leur déverse pas des tonnes de pesticides sous les antennes…

Michel Meunier,
le 11 mai 2020