Je souhaite venir à la Maison des Abeilles avec ma classe

– Bonjour Michel, je souhaite venir à la Maison des Abeilles avec ma classe, quel est le programme ???
– Il n’y a pas un programme mais des programmes. On peut centrer la visite sur l’apiculture (la vie des abeilles, la ruche, le métier d’apiculteur…) ou bien l’élargir à toute une analyse du développement durable à partir des observations concrètes faites sur le site (aménagements mis en place sur l’entreprise pour comprendre son impact sur l’environnement)… On peut aussi faire du travail pratique : fabriquer des bougies en cire… on peut même faire de la cuisine au miel dans certains cas. Mais je ne vais pas énumérer toutes les possibilités d’activités que propose la Maison des Abeilles (voir liste en page accueil).

– Tout de même, est-ce que tu peux me raconter ce qui nous attend ?
– Oui. Enfin non. En fait, c’est difficile. Il n’y a pas deux visites semblables. Les variantes sont infinies, en fonction de l’âge des participants, de leur niveau, des souhaits de l’enseignant.e, du degré de préparation en amont (certains groupes arrivent en sachant déjà beaucoup de choses sur la vie de la ruche, il leur manque souvent d’en avoir vue une « en vrai » et surtout de se rendre compte que ça n’est pas tout à fait comme dans les livres ou autres vidéos), et puis aussi en fonction du temps qu’il fait et du temps qu’on a, de l’humeur des abeilles, de celle des enfants… À l’armature de base solide vient toujours se greffer une part d’improvisation.

– Ah bon ? Ce n’est pas très rassurant, ça ?
– C’est de l’improvisation très maitrisée, rassure-toi. Le plus souvent suscitée par les enfants eux-mêmes : rebondir sur leurs réflexions, utiliser leurs réactions pour les amener à réfléchir dans une nouvelle direction, qui n’était pas forcément prévue au départ, du moins pas forcément prévue par l’enseignant.e. Pour moi, au fil des années, je finis par avoir rencontré, non pas tous les cas de figure possibles, mais suffisamment pour réagir au quart de tour.

– Tu peux me donner des exemples ?
– Hé bien lorsque vient le moment d’ouvrir les ruches, chacun enfile un vêtement de protection… À ce moment-là, il n’est pas rare qu’un enfant – ou un adulte – soit pris de panique. Dans ce cas, il faut évidemment prendre en compte la peur, ne surtout pas la nier. Il faut trouver les mots qui rassurent, et en dernier recours utiliser une ruche vitrée pour que la personne en difficulté puisse tout de même observer les abeilles. Pour moi, il est essentiel d’être à l’écoute de chacun. Je considère que je m’adresse non pas à un groupe mais à X individus et chacun doit repartir avec quelque chose de plus qu’à l’arrivée. C’est un challenge !

 – Merci Michel. J’y vois plus clair en effet. Même si tu te refuses à me raconter par le menu le déroulement de notre future visite, je comprends qu’elle répondra à mes objectifs de fond : ouvrir les yeux des enfants sur ce qui les entoure, leur faire comprendre les interactions entre les différents acteurs du monde vivant (humains compris), les rendre attentifs aux conséquences de leurs actes, immédiates et plus lointaines… À bientôt à la Maison des Abeilles, je vais de ce pas réserver une visite.
– À bientôt !

(échange entre Léa et Michel, automne 2013)

Que chaque visiteur puisse voir la reine au milieu des abeilles !

Que chaque visiteur puisse voir la reine au milieu des abeilles !

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Petites nouvelles printanières 2019

Premier appel pour un essaim cette année : le 12 avril ! Classiquement c’est plus tard en saison. Mais comme le climat, les abeilles aussi se dérèglent.
Une bonne nouvelle en ces temps difficiles, alors je souhaite la partager avec vous : Paul François a gagné son combat contre Bayer-Monsanto. Paul François c’est cet agriculteur contaminé en 2004 par un herbicide produit par Monsanto qu’il utilisait sur ses cultures de céréales – herbicide interdit en France en 2007. Depuis, avec courage et ténacité, il se battait pour faire reconnaître la responsabilité de Monsanto, tout en menant le combat contre ses troubles de santé engendrés par le poison. La Cour d’appel a confirmé les deux précédents jugements déjà rendus en sa faveur et lui donne entièrement raison.
C’est une très belle victoire de David contre Goliath.
Mais ce qui me réjouit encore plus c’est que pendant ces années de combat, Paul François ne s’est pas battu pour lui seul. Il a aussi eu à coeur de démontrer largement que les pesticides n’étaient pas une solution d’avenir pour l’agriculture. Reconverti lui-même en bio, il s’est engagé dans la transmission de cette pratique dans les lycées agricoles.

La santé de tous (et en premier lieu celle des agriculteurs eux-mêmes) et la protection de la nature doivent primer sur les profits de quelques uns. Dites, monsieur le président, le glyphosate on arrête quand ??