Le sucre industriel ou les abeilles ? Il faut choisir !

Vous vous souvenez qu’en 2016, pendant le quinquennat Hollande, une loi avait été votée pour interdire – enfin ! – les néonicotinoïdes, ces insecticides qui s’attaquent au système nerveux des insectes et donc des pollinisateurs comme les abeilles. Mais cette loi ne devait entrer en vigueur qu’en septembre 2018, et des dérogations étaient prévues jusqu’en 2020, ce qui m’avait amené à annoncer « Encore quatre ans de suicide« .
On sait aussi qu’au moment des tous premiers pas du premier gouvernement du quinquennat Macron, en juin 2017, le ministre de l’agriculture de l’époque avait osé tenter de revenir en arrière. Grâce à Nicolas Hulot, il n’en avait heureusement rien été.

Mais voilà que le danger s’annonce à nouveau : sous la pression du lobby betteravier, le ministère de l’Agriculture a annoncé ce jeudi 6 août son intention d’obtenir “une modification législative cet automne” permettant de déroger à l’interdiction de certains néonicotinoïdes, en autorisant l’enrobage des semences de betteraves par des néonicotinoïdes. Et ce « au plus tard jusqu’en 2023 ». Vous avez bien lu : trois ans de suicide encore !
L’Union nationale des apiculteurs (Unaf) dénonce « un retour en arrière » qui sera « catastrophique pour la filière apicole« . Greenpeace estime que c’est un “premier échec” pour la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili et “une terrible nouvelle pour l’environnement”.

Mobilisons-nous ! S’il est difficile d’interpeler le président de la république ou un ministre, il me semble plus abordable de demander à nos député.e.s et sénateurs, sénatrices, de ne pas voter une telle « modification législative » ...

Michel Meunier,
le 7 août 2020